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Imaginez vous transportés dans une
contrée lointaine au petit matin d'un dimanche du mois de novembre
2011.
Des ombres se déplacent à travers une
forêt entrecoupée de prairies ; le jour n'est pas encore
totalement levé et les voix sont étouffées par la brume. Dans les
rangs de cette horde, quelqu'un appelle un certain Klipfel aux
consonances germaniques ; serions nous en pays saxon?
Ce n'est pas la première fois que ce
rassemblement a lieu avec les préparatifs d'une cérémonie
minutieusement préparée. En effet, une préparation dans un lieu
secret voisin a précédé ce déploiement afin que tout se passe
comme prévu.
Ensuite, les ombres sont passées à
l'action afin de baliser, ravitailler, sécuriser, préparer les
ravitaillements.
Arrivent petit à petit ensuite les
participants de cette épreuve sans pitié ;qui sont-ils portant
un harnachement composé d'un casque, de gants, de genouillères?
Dans ce jour qui se lève péniblement
sur la forêt domaniale de Palaiseau, nous commençons à distinguer
ces mystérieuses créatures mi-homme mi-deux-roues ; découvrez
les centaures de notre vingt et unième siècle et laissez vous
plonger dans leur ambiance irréelle. En effet, chaque créature va
alternativement se transformer en coureur ou en cycliste d'où
l'impression d'une mutation rappelant le cheval à corps d'homme.
En effet, une chevauchée fantastique
dénommée « bike and run » va se dérouler sous les yeux
ébahis de spectateurs de la contrée.
Ils ne veulent rien rater de cette
étrange course dont le déroulement se passe selon un rituel bien
précis.
Trois tours d'un circuit sont à
parcourir par chaque équipe de deux centaures ; la ligne de
début et de fin de chaque tour doit être impérativement être
franchie par les deux membres de l'équipe en même temps ;
dans l'intervalle, la liberté est totale.
Les spectateurs gesticulent,
vocifèrent, crient des noms afin d'encourager ceux qui évoluent
dans la boue de cette forêt devenue pour l'occasion quelque peu
mystérieuse.
D'autres témoins beaucoup plus
discrets voient ces milliers de foulées exécutées par ces
mi-hommes mi-deux-roues au prix d'efforts violents et parfois de
jurons.
Les feuilles jonchant le sol volent en
tous sens, les respirations s'accélèrent et se ralentissent tour
à tour, les bruits sourds des foulées laissent place au glissement
des roues.
La nature perd momentanément sa
quiétude mais le bouleversement qui a lieu provoque des
enchantements aux yeux de tous les acteurs de cette scène.
Le rendez-vous annuel de ce fin de
novembre opère sa magie dans cette contrée du plateau de Saclay.
Les foulées se raccourcissent, les
respirations se font plus bruyantes, l'arrivée se rapproche peu à
peu.
La première équipe la franchit main
dans la main au bout d'une quinzaine de tours de sablier (environ
.. minutes) sous des acclamations.
Eu égard aux deux témoins qui m'ont
rapporté le périple de cette chevauchée conduisant à la victoire
de l'équipe emmenée par un celte, un certain Le Bihan décidé à
se faire un nom hors de son Armorique d'origine.
Signé mes deux témoins qui ont accepté de prendre la pose
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